Date de publication : 20/07/2026
Qu’il s’agisse de résumer de longs rapports ou de rédiger des e-mails et des présentations, l’intelligence artificielle s’est rapidement imposée dans le quotidien professionnel. Selon la récente étude European Digital Observatory*, réalisée par l’Institut Bona Fidé pour Inetum, 68 % des cadres belges utilisent déjà l’IA au sein de leur organisation.
Date de publication : 20/07/2026
Pourtant, nombre d’entre eux continuent à s’en servir en dehors des cadres établis : 47 % reconnaissent utiliser secrètement l’IA au travail, tandis que 18 % recourent à des outils ou logiciels qui ne sont pas autorisés par leur employeur. Dans le même temps, six cadres sur dix s’inquiètent du risque de cyberattaques visant leur organisation. Thomas Breuer, General Manager d'Inetum en Belgique, présente cinq pistes permettant aux organisations de tirer davantage de valeur de l’IA, tout en maîtrisant les risques liés à la cybersécurité et à l’IA fantôme (Shadow AI).
Près de sept cadres belges sur dix (68 %) déclarent que leur organisation utilise l’IA, confirmant que cette technologie occupe désormais une place centrale dans le quotidien professionnel. Dans les grandes entreprises de plus de 250 collaborateurs, le taux d’adoption grimpe même à 76 %. Pour la plupart, il s’agit d’une habitude fréquente : 59 % des cadres utilisent régulièrement l’IA au travail, soit au moins plusieurs fois par semaine, tandis qu’un sur quatre y a recours quotidiennement. Parmi les cadres de moins de 45 ans, ce chiffre atteint 30 %.
Les avantages sont évidents. Trois quarts des utilisateurs belges de l’IA (75 %) estiment que celle-ci améliore leur productivité, tandis que 64 % considèrent qu’elle améliore leurs conditions de travail. Ces bénéfices ne sont toutefois pas perçus par tous. Un cadre sur quatre ne constate aucun impact, ce qui laisse entendre que de nombreuses organisations utilisent encore principalement l’IA pour des tâches élémentaires, plutôt que pour des applications plus stratégiques.
L’IA fantôme pose un défi croissant en matière de gouvernance
L’utilisation généralisée de l’IA ne se fait pas toujours au grand jour. Près de la moitié des cadres belges (47 %) reconnaissent utiliser l’IA sans en informer leurs collègues ou leur direction. Dans les entreprises de taille moyenne comptant entre 10 et 250 collaborateurs, ce chiffre atteint 55 %. Certains vont encore plus loin. Près d’un cadre sur cinq (18 %) utilise des outils ou logiciels qui ne sont pas autorisés par son entreprise. Parmi les cadres de moins de 45 ans, cette proportion atteint 27 %. Et ce, alors même que six cadres sur dix (60 %) s’inquiètent du risque de cyberattaques visant leur organisation.
« De nombreux collaborateurs reconnaissent les avantages de l’IA, mais ils l’adoptent souvent plus rapidement que les organisations ne sont capables de mettre en place des cadres clairs », explique Thomas Breuer, General Manager d'Inetum en Belgique. « Trop souvent, l’IA reste cantonnée à des tâches élémentaires, comme la reformulation d’e-mails ou la synthèse de réunions. La véritable opportunité consiste à utiliser cette technologie pour prendre de meilleures décisions, diffuser les connaissances à plus grande échelle et renforcer la collaboration. Cela nécessite des lignes directrices claires, des outils fiables et une culture qui encourage l’expérimentation responsable, plutôt que de pousser l’utilisation de l’IA dans l’ombre. »
Afin d’aider les professionnels à maximiser la valeur ajoutée de l’IA pour leur entreprise, sans mettre en péril les données de celle-ci ni l’exposer à des cybermenaces, Thomas Breuer partage cinq conseils pratiques :
1. Protégez les identités et les accès : la sécurisation des accès constitue le fondement des usages plus avancés de l’IA. L’authentification multifacteur contribue à prévenir les accès non autorisés et permet aux organisations d’étendre l’utilisation de l’IA au-delà des tâches élémentaires de productivité, et ce, en toute confiance.
2. Appliquez le principe du moindre privilège : tout le monde n’a pas besoin d’accéder à chaque environnement d’IA ou aux données. Accordez les autorisations uniquement lorsque cela est nécessaire et réexaminez régulièrement les comptes privilégiés. Limiter les privilèges réduit les risques de sécurité et crée un environnement plus sûr pour déployer l’IA à plus grande échelle au sein des équipes.
3. Vérifiez les résultats produits par l’IA avant de les utiliser : l’IA peut faire gagner du temps, mais elle peut aussi commettre des erreurs. Des informations inexactes, obsolètes ou biaisées peuvent conduire à de mauvaises décisions ou à la production d’un code non sécurisé. En vérifiant les faits, analyses ou lignes de code importants auprès de sources fiables, les organisations peuvent utiliser l’IA en toute sécurité pour des tâches et des processus décisionnels plus complexes.
4. Utilisez l’IA comme un partenaire de réflexion, et non comme un simple assistant de rédaction : la plupart des utilisateurs recourent à l’IA pour produire du contenu. Mais son véritable potentiel réside dans sa capacité à remettre en question les hypothèses et à améliorer la prise de décision. Demandez-lui d’élaborer des contre-arguments face à une proposition, de repérer les angles morts d’une stratégie ou d’explorer d’autres scénarios. Cette approche peut renforcer les présentations commerciales, les plans stratégiques et les processus d’innovation, sans nécessiter le partage d’informations sensibles.
5. Transformez l’expertise interne en ressources évolutives : une grande partie des connaissances d’une organisation réside dans la tête de ses collaborateurs. L’IA peut aider à recueillir et à structurer cette expertise en transformant des entretiens ou des transcriptions en FAQ, guides d’intégration, arbres de décision et supports de formation. Pour les informations sensibles, les organisations devraient, dans la mesure du possible, s’appuyer sur des outils d’IA de niveau professionnel et sur des données anonymisées.
*Méthodologie
L’Observatoire Tech & IA 2026 repose sur une enquête quantitative menée par Institut Bona Fidé pour Inetum auprès de 2 400 cadres et dirigeants dans quatre pays européens : France, Belgique, Espagne et Portugal, soit 600 répondants par pays.
La population interrogée correspond à des profils décisionnaires, directement concernés par les enjeux de transformation numérique et d’intelligence artificielle. En Belgique, l’étude s’appuie sur les groupes 1 et 2 de la nomenclature internationale ISCO 08, hors professions de l’enseignement.
La représentativité des échantillons nationaux a été assurée par la méthode des quotas, selon le genre, l’âge, la région, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise. Ces quotas ont été construits à partir de sources statistiques officielles, notamment les instituts nationaux (INSEE, INE, Statbel), les projections Eurostat 2025 2026, les données de l’APEC et de la Labour Force Survey (LFS).
La collecte des données a été réalisée via un questionnaire auto administré en ligne, entre le 17 et le 26 mars 2026. L’ensemble de l’étude a été conduit dans le strict respect du code ICC/ESOMAR, garantissant la protection des répondants, la confidentialité des données et la transparenc