Publié : 05/10/2026
Cloud Services
Inetum et Nutanix : réussir la migration d’une infrastructure IT sans perturber les métiers
Avec Nutanix et OVHcloud, Inetum fait basculer les infrastructures vieillissantes de ses clients vers un environnement modernisé, plus cohérent et plus facile à piloter. En amont de la migration, plusieurs mois de préparation permettent de limiter les risques et les interruptions.
Le basculement des applications vers la nouvelle infrastructure a lieu de nuit ou le week-end, dans des "fenêtres de tir très restreintes". Feuille de route "ultra détaillée" en main, chefs de projet et experts techniques d'Inetum et du client font passer les applications de production d'une infrastructure vieillissante vers la plateforme de cloud Nutanix. Puis les métiers reprennent le travail.
Certains avaient regardé le projet d'un œil "un peu critique et dubitatif". Il faut dire que les changements de plateformes sont souvent synonymes de bugs imprévus. "La vraie satisfaction, c'est quand ils nous disent qu'ils ne se sont pas rendu compte de la migration", raconte Jérôme Morlier, Alliance Director chez Inetum France.
Ces opérations de bascule interviennent à la fin de projets qui durent de six à huit mois, dont quatre à cinq de préparation. Inetum inventorie le parc existant, définit l'architecture cible, puis répartit les applications en groupes migrés successivement, des moins critiques aux plus critiques. La migration proprement dite dure un mois.
Pourquoi migrer une infrastructure IT ?
Les besoins se ressemblent : une infrastructure qui arrive en fin de vie, une décision de migration régulièrement reportée faute d'arbitrage. Les métiers réclament de nouveaux services, la DSI met trop longtemps à les livrer, les coûts deviennent imprévisibles. "Le signe le plus révélateur, c'est quand on fait le constat que l'IT devient un frein pour accélérer le business", résume Jérôme Morlier.
Dans la plupart des centres de données, la couche logicielle qui fait tourner des centaines de serveurs virtuels sur des machines physiques nommées, un éditeur "présent à peu près partout" et qu'on "voyait indéboulonnable" il y a encore trois ans. Son rachat par Broadcom a fait grimper la facture des licences et remis en cause le support. "Ce fut une petite catastrophe industrielle", lâche Jérôme Morlier. L'opération a "amplifié une angoisse de tous les clients" : celle de dépendre d'un fournisseur unique.
L'offre commune d'Inetum et Nutanix n'est pourtant pas une réaction à ce rachat. Jérôme Morlier avait croisé Nutanix à ses débuts, puis l'avait perdu de vue. Il y a un peu plus de trois ans, il réétudie la solution avec ses architectes. Ils réalisent des maquettes, les testent, puis signent trois premiers projets chez des clients dont Inetum gérait déjà l'infrastructure.
Un hébergement souverain avec OVHcloud
L'apport de Nutanix porte un nom : l'hyperconvergence. Au lieu de faire coexister des équipements distincts pour les serveurs, le stockage, le réseau et la virtualisation, l'éditeur les réunit dans un ensemble matériel et logiciel unique, "beaucoup plus cohérent, plus automatisé, plus simple à administrer".
Inetum, de son côté, se veut "l'orchestrateur, l'architecte global de la solution". "Nous ne sommes pas juste là pour déployer une plateforme", insiste Jérôme Morlier. Le groupe part du métier du client, apporte la méthode de migration, puis fait évoluer l'ensemble. OVHcloud complète le dispositif : le fournisseur français apporte l'hébergement et la puissance de calcul, dans un cloud privé où les données restent en Europe.
La principale difficulté de ces projets n'est pourtant pas technique. "Beaucoup de problématiques dans ces projets ne sont pas de l'ordre technique, mais plus de l'ordre de la communication, de la compréhension", observe Jérôme Morlier. Du responsable d’infrastructure au développeur, tous doivent parler le même langage et connaître leur rôle. « Mieux vaut poser toutes les questions, même les plus simples », résume-t-il, plutôt que de laisser subsister un malentendu jusqu’à la phase de migration.
Inetum se place en chef d'orchestre de l'ensemble : "les équipes techniques font de l'IT, mais le client, lui, fait autre chose : il vend des produits sur internet, il sauve peut-être des vies en produisant des médicaments, il gère des flux financiers."
Migration vers Nutanix : un coût total en baisse de 20 à 30 %
Une fois la migration sur Nutanix effectuée, les métiers obtiennent "des cycles de déploiement plus courts, des environnements disponibles plus vite, une meilleure continuité dans les applications les plus critiques".
Les plans de reprise d'activité sont intégrés d'office, et le coût total de possession baisse en moyenne de 20 à 30 %. Mature "depuis 18 mois", l'offre n'est pas figée : "Elle est perpétuellement remise en question". Conteneurs et intelligence artificielle y sont déjà intégrés, et la migration ouvre sur une modernisation plus large du système d'information.
"C'est un cycle éternel", conclut Jérôme Morlier. Un cycle dont les métiers, si tout se passe bien, ne percevront aucune interruption de service.
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