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IA agentique dans la banque et l’assurance : comment les agents intelligents transforment les opérations financières

Publié : 28/08/2026

Guillaume Duret
Director Consulting Practice Salesforce chez Inetum

Les banques et les compagnies d’assurance investissent depuis des années dans la transformation numérique pour gagner en efficacité, digitaliser la relation client et simplifier leurs opérations.

Trois personnes échangent autour d’une tablette devant des écrans affichant des données et graphiques.

Quand l’IA ne se contente plus d’assister

L’essor de l’IA générative a marqué une première phase centrée sur l’accélération des tâches, la création de contenu ou l’amélioration des interactions avec les utilisateurs. La prochaine évolution va plus loin.

L’IA agentique introduit des systèmes capables d’agir directement dans les processus opérationnels. Ils peuvent exécuter des actions, consulter plusieurs sources d’information, coordonner différentes étapes et collaborer avec les équipes pour atteindre un objectif donné.

Selon PwC, le secteur bancaire n’utilise plus l’intelligence artificielle uniquement pour automatiser ou réduire les coûts. L’enjeu devient la création de valeur à partir des données, l’amélioration de la prise de décision, la personnalisation des services et la refonte de processus de bout en bout. L’avantage concurrentiel ne viendra pas de la multiplication de cas d’usage isolés, mais de l’intégration de l’IA au cœur des opérations quotidiennes.

La véritable opportunité apparaît lorsque produits, services et processus sont conçus dès l’origine pour fonctionner avec des capacités intelligentes.

De nouveaux canaux ont été déployés, des processus automatisés et des programmes de modernisation technologique accélérés.

Pourtant, une réalité demeure : disposer de davantage de technologie ne garantit pas automatiquement davantage de valeur.

De nombreuses institutions financières continuent d’évoluer dans des environnements où les processus sont fragmentés, les données dispersées entre plusieurs systèmes et les initiatives digitales difficiles à industrialiser. Dans le même temps, les clients attendent des expériences plus fluides, plus personnalisées et cohérentes sur l’ensemble des canaux. Une question s’impose alors : après l’automatisation, quelle est la prochaine étape ?

La réponse prend forme autour d’un concept qui gagne rapidement en importance : l’IA agentique. Ces systèmes sont capables d’analyser des informations, de coordonner des tâches et d’exécuter des actions au sein des processus métier, toujours dans le respect des règles et des objectifs définis par l’organisation.

Concevoir avec l’IA plutôt que lui ajouter une couche

Un enseignement se confirme progressivement sur le marché : l’IA atteint rapidement ses limites lorsqu’elle est traitée comme une simple fonctionnalité ajoutée à la fin d’un projet.

Pendant longtemps, les organisations ont amélioré leurs activités au moyen d’automatisations ponctuelles appliquées à des systèmes existants. Cette approche a produit des gains de productivité, mais elle a aussi créé des environnements complexes à maintenir et à faire évoluer.

L’IA agentique introduit une logique différente. La question n’est plus : « Où intégrer l’IA dans le processus actuel ? », mais plutôt : « Comment ce processus fonctionnerait-il s’il était conçu aujourd’hui autour de capacités intelligentes ? »

Cette évolution est particulièrement pertinente dans la banque et l’assurance, où la valeur repose en grande partie sur la capacité à orchestrer l’information, à s’adapter rapidement aux évolutions réglementaires et à construire des relations durables avec les clients.

C’est pourquoi l’automatisation ne constitue qu’une première étape. La véritable transformation émergera avec des services financiers conçus dès l’origine pour collaborer avec des systèmes intelligents.

L’automatisation ne suffit plus

La première vague d’adoption est déjà visible. Gestion documentaire, reporting, analyse d’informations, traitement de dossiers, opérations commerciales ou amélioration de la qualité des données figurent parmi les usages les plus répandus dans le secteur financier.

Concrètement, des processus tels que la classification documentaire ou l’exploitation d’informations peuvent désormais évoluer en continu sans nécessiter une redéfinition permanente des règles métier.

La différence par rapport aux approches traditionnelles tient à la capacité des agents de s’adapter et apprendre beaucoup plus rapidement. Là où les modèles classiques nécessitaient de nombreuses règles et paramétrages, les nouveaux systèmes facilitent des cycles d’expérimentation, d’apprentissage et d’optimisation plus courts, tout en restant sous contrôle.

Pour autant, l’objectif n’est pas de remplacer les collaborateurs. Il s’agit de leur permettre de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

La relation client restera profondément humaine

Une vision simpliste consiste à associer la progression de l’IA à une diminution progressive du rôle des personnes. Dans les services financiers, cette lecture paraît réductrice.

Les décisions financières reposent toujours sur le contexte, le jugement professionnel, la confiance et le respect d’exigences réglementaires en constante évolution. C’est pourquoi les approches les plus avancées s’orientent vers des modèles résolument centrés sur l’humain.

L’IA accélère les analyses, automatise les opérations répétitives et améliore la qualité des réponses. Les experts, quant à eux, supervisent les processus, apportent leur discernement et adaptent les modes de relation avec les clients.

Dans les faits, les conseillers, gestionnaires et équipes commerciales consacrent moins de temps aux tâches administratives et davantage aux échanges utiles et à la construction de relations durables. Le client, lui, ne percevra pas toujours où se situe exactement le changement, mais il en ressentira les bénéfices.

Les données demeurent au cœur du modèle

Un constat revient dans pratiquement tous les programmes d’IA à l’échelle de l’entreprise : la qualité des données reste le principal facteur de réussite.

L’intelligence artificielle ne crée de valeur que lorsqu’elle s’appuie sur des informations fiables, connectées et gouvernées.

C’est pourquoi de nombreuses initiatives se concentrent actuellement sur des chantiers parfois moins visibles mais décisifs : déduplication, normalisation, extraction documentaire, enrichissement et amélioration continue des données d’entreprise.

Dans ce contexte, l’approche portée par Salesforce pour les services financiers répond à plusieurs enjeux structurants :

  • Financial Services Cloud apporte le contexte métier propre au secteur.
  • Data Cloud unifie les données issues de sources multiples.
  • Einstein fournit des capacités analytiques et génératives.
  • Agentforce permet l’exécution d’actions via des agents intelligents.

La valeur ne réside pas dans chacune de ces briques prises séparément, mais dans leur capacité à fonctionner ensemble autour d’une vision unifiée du client.

Du copilote à l’agent autonome

Commencer petit pour transformer durablement

Ces dernières années, les copilotes ont démontré la capacité de l’IA à améliorer la productivité individuelle. L’IA agentique franchit une étape supplémentaire.

Les agents intelligents commencent à prendre en charge des tâches opérationnelles complètes : déclencher des actions, consulter différentes sources d’information, lancer des workflows ou coordonner des processus alignés sur des objectifs métier précis.

Dans la banque et l’assurance, cette évolution se matérialise déjà à travers l’automatisation commerciale, le traitement assisté des demandes, l’analyse documentaire ou encore le support aux opérations internes.

Le même mouvement s’étend aux équipes technologiques. Développement, tests, documentation et automatisation des livraisons figurent parmi les domaines où copilotes et agents accélèrent déjà les résultats.

Là où le copilote accompagne l’utilisateur dans l’exécution d’une tâche, l’agent participe activement à l’exécution du processus lui-même.

Une autre leçon se confirme : les transformations les plus efficaces ne débutent généralement pas par des programmes massifs.

Elles commencent par des expérimentations ciblées.

Créer rapidement des preuves de concept, mesurer leur impact puis élargir progressivement leur portée permet de réduire les risques tout en accélérant l’apprentissage.

Sur le terrain, nous observons que cette démarche facilite la transition entre des projets pilotes prometteurs et des modèles réellement industrialisables.

L’IA agentique ne se limite plus à une nouvelle génération d’automatisation. Elle s’impose progressivement comme une nouvelle manière d’organiser et d’exécuter les activités.

Vers un modèle financier plus intelligent et plus adaptable

L’histoire récente du secteur financier l’a montré : aucune technologie ne crée de valeur par elle-même. Le véritable changement intervient lorsque les modes de travail évoluent.

L’IA agentique ouvre une perspective différente. Elle permet de repenser les processus, de connecter les opérations et de bâtir des organisations plus adaptables. Non pas pour remplacer les personnes, mais pour leur permettre de se concentrer sur ce qui reste irremplaçable : comprendre le contexte, instaurer la confiance et prendre de meilleures décisions.

Les institutions qui réussiront à intégrer agents intelligents, données et processus dans un même écosystème disposeront d’un avantage stratégique majeur pour répondre aux évolutions du marché et aux attentes de leurs clients.

Le défi n’est donc plus seulement d’adopter l’intelligence artificielle. Il consiste désormais à l’intégrer profondément dans les processus, la gouvernance des données et la prise de décision. Les organisations qui avanceront progressivement sur cette voie seront les mieux placées pour générer de la valeur à grande échelle au cours de la prochaine décennie.

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