estiment que les technologies digitales peuvent « créer un monde meilleur »
OBSERVATOIRE EUROPEEN DU DIGITAL PAR INETUM
Découvrez l’Observatoire Tech & IA 2026, mené par Inetum avec l’Institut Bonafidé auprès de 2 400 cadres et dirigeants en France, Belgique, Espagne et Portugal (Europe), selon un triple enjeu (les usages de la Tech / AI à titre personnel - à titre professionnel et en tant que citoyen).
Il met en lumière un décalage devenu central dans le rapport européen à la technologie.
Quelques chiffres clés de l’étude
90%
65%
des cadres utilisent l’IA dans leur vie personnelle
76%
des utilisateurs de l’IA déclarent qu’elle augmente leur productivité au travail
60%
jugent la transformation digitale des services publics satisfaisante
Les cadres européens perçoivent les technologies digitales et l’intelligence artificielle comme un moteur positif du progrès.
À titre personnel, la technologie reste l’un des rares espaces où l’idée de progrès demeure crédible. Neuf cadres européens sur dix estiment que les technologies digitales peuvent contribuer à créer un monde meilleur, et trois quarts jugent qu’elles ont eu un impact positif sur leur vie quotidienne. La technologie apparaît même comme le seul grand domaine dont l’évolution est majoritairement perçue comme positive ces dernières années, loin devant les autres transformations sociétales. Cette confiance s’ancre dans l’expérience concrète, dans ce qui fonctionne déjà au quotidien, et non dans une vision idéologique du progrès.
L’adoption de l’IA en Europe s’accélère à la fois dans les usages personnels et professionnels.
Cette confiance se retrouve très nettement dans le rapport individuel à l’intelligence artificielle. L’IA n’est plus perçue comme une promesse abstraite mais comme un outil déjà intégré. Près de deux tiers des cadres l’utilisent régulièrement dans leur vie personnelle, souvent pour s’informer, reformuler des contenus ou gagner du temps. Au travail, 65 % indiquent que leur organisation utilise déjà l’IA, et 76 % des utilisateurs estiment qu’elle améliore leur productivité. À ce niveau, l’IA est vécue comme une aide concrète, un prolongement naturel des outils numériques existants, plus que comme une rupture radicale.
Les préoccupations liées à la gouvernance de l’IA, à la cybersécurité et au « shadow AI » augmentent en Europe.
Mais ce regard change dès que l’on quitte l’échelle individuelle. Lorsqu’ils raisonnent sur leur environnement professionnel ou sur la société dans son ensemble, les cadres deviennent nettement plus sceptiques.
Ce malaise collectif s’exprime dans les pratiques. Quatre cadres sur dix reconnaissent utiliser des outils d’IA au travail sans en informer leur hiérarchie, un phénomène de « shadow AI » bien plus répandu que l’usage de logiciels non autorisés en général. Ce chiffre ne traduit pas un rejet des règles, mais plutôt un décalage entre la vitesse des usages et celle des cadres de gouvernance. Les individus avancent plus vite que les organisations, faute de règles claires, partagées et opérationnelles.
À cela s’ajoutent des inquiétudes plus structurelles. Près de deux tiers des cadres utilisateurs se disent préoccupés par la collecte et l’exploitation de leurs données personnelles via l’IA. Les cyber-attaques inquiètent également près de six cadres sur dix, signe que la généralisation des outils renforce autant les gains que les zones de vulnérabilité. Là encore, l’IA est acceptée dans l’usage, mais redoutée dans ses effets systémiques.
Les organisations et les institutions publiques européennes doivent renforcer la confiance et la gouvernance de l’IA.
Cette défiance collective se prolonge dans le regard porté sur les institutions. Si 60% des cadres jugent la transformation numérique des services publics globalement satisfaisante, les écarts entre pays restent forts et l’exigence demeure élevée. Près de sept sur dix estiment indispensable de conserver des conseillers humains, considérant que ni l’IA ni les chatbots ne peuvent répondre à toutes les situations. Enfin, moins d’un cadre européen sur deux se dit confiant dans la capacité de l’Union européenne à devenir un leader technologique, malgré des usages déjà largement répandus sur le terrain.
L’adoption de l’IA en Europe nécessite désormais confiance, gouvernance et exécution.
L’IA et les technologies sont déjà intégrées dans les usages quotidiens et professionnels en Europe. Le sujet n’est plus l’adoption, mais la capacité à déployer ces usages à grande échelle avec la bonne gouvernance, la bonne transparence et la bonne exécution.
L’Observatoire met en évidence un point de bascule : la confiance existe déjà — il s’agit désormais pour les organisations et les institutions de la transformer en progrès collectif durable.